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Canada

Le mariage gai en danger ?

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par Thibaut Temmerman le 12 janvier 2012

Des avocats du gouvernement ultraconservateur canadien ont dénoncé devant une cour de l’Ontario l’illégalité du mariage d’un couple de lesbiennes, compte tenu du fait que ce type d’union n’est pas reconnu dans leur pays d’origine. Cette posture étroite de l’équipe de Stephen Harper ne peut qu’inquiéter davantage sur ses intentions réelles en matière de droits LGBT.

Mariage gai Harper justice

Mariées à Toronto en 2005, un couple de lesbiennes a eu la surprise de se voir répondre qu’il leur était impossible de divorcer, leur mariage n’étant pas considéré comme légal. Les avocats du gouvernement fédéral ont en effet argué que pour être valide, le couple doit avoir habité au moins un an au Canada et le mariage autorisé dans leur pays d’origine. Or, elles résident en Floride et en Angleterre, où le mariage des couples de même sexe n’est pas reconnu.

« C’est scandaleux, a réagi Martha McCarthy, l’avocate des deux jeunes femmes. C’est une offense à leur dignité et à leurs droits de suggérer qu’elles n’étaient pas mariées ». Du côté des politiques, le chef intérimaire libéral a réagi dans un courriel diffusé par l’intermédiaire de son porte-parole, Daniel Lauzon. «Cette interprétation étroite de la loi montre que le gouvernement Harper tente d’abolir le mariage entre conjoints de même sexe par embuscade», a-t-il dénoncé, ajoutant que « les Canadiens doivent savoir que les avancées qu’ils croyaient être en sécurité sont maintenant menacées par les néoconservateurs de Harper».

« Nous n’avons aucune intention d’ouvrir (le débat) sur ce sujet », s’est néanmoins défendu le premier ministre Stephen Harper Sur les 15.000 mariages entre conjoints de même sexe célébrés au Canada depuis 2005, un tiers d’entre eux concernent des étrangers et pourraient par conséquent être menacés. Une éventualité qualifiée « d’embarras majeur pour le Canada (sur la scène) internationale » par Evan Wolfson, président de l’organisme new-yorkais Freedom to Marry.

Article écrit en collaboration avec le site entreelles.net.

Crédits photo: Donnay.

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