Albert Nobbs : grande actrice, petit film
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Sélectionnée aux Oscars 2012 dans la catégorie meilleure actrice, Glenn Close rejoint, avec sa brillante performance dans Albert Nobbs, les Hilary Swank (Boys Don’t Cry) et Felicity Huffman (Transamerica) dans la liste des interprétations remarquables d’actrices incarnant des personnages à l’identité sexuelle trouble. En revanche, le film, qui sort ce 3 février au Québec, ne passera certainement pas à l’histoire.
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Dans l’Irlande du XIXème siècle, Albert Nobbs (Glenn Close) revêt chaque jour depuis plus de 30 ans les traits d’un homme, afin de survivre dans un monde où son statut de femme ne lui autorise que peu de libertés. Serveur apprécié pour son professionnalisme et son attention, elle économise ses pourboires afin de s’acheter un jour une boutique de tabac.
Son quotidien est pourtant bousculé lorsqu’elle se retrouve dans l’obligation de partager sa chambre avec un homme qui, comme elle, s’avère être une femme. Les deux personnages se lient ainsi d’amitié. Albert Nobbs découvre bientôt que son amie Hubert Page (Janet McTeer) s’est mariée à une femme. Elle se surprend alors à intégrer à son rêve la compagnie de la jeune Helen (Mia Wasikowska).
Albert Nobbs est de ces films qui dissimulent assez bien une prise de position très pro-LGBT derrière ce qui semble être une histoire hollywoodienne conventionnelle. Ainsi, le couple formé par Hubert Page et sa femme Cathleen se révèle être un véritable amour lesbien.
Dialogues malhabiles
On comprend rapidement qu’Albert Nobbs cherche tout autant l’amour féminin, bien qu’on décèle une agaçante tentative de désexualisation de ses sentiments qu’on déguise en compagnonnage. À cela s’ajoute enfin le caméo de Jonathan Rhys Mayer, riche bourgeois s’adonnant à une sexualité homosexuelle dans sa chambre d’hôtel.
Hormis cette prise de parole en faveur de la communauté, le film de Rodrigo Garcia est loin d’être une réussite. La réalisation manque cruellement de personnalité, tandis que le récit verse souvent dans le convenu et le prévisible.
La faiblesse la plus flagrante vient du scénario, coécrit par John Banville et Glenn Close elle-même. Les dialogues malhabiles n’arrivent pas à éviter de patauger dans le pathétique. Au lieu d’intégrer la source de ce travestissement de manière naturelle dans leurs échanges, des répliques superflues forcent la chose, introduisant des scènes larmoyantes qui peinent à toucher tellement on en perçoit les mécanismes.
Ajoutons à cela les séquences de fantasme d’une vie meilleure de Nobbs qui frisent le ridicule. Bref, la construction du film est maladroite et le résultat final, sans être un désastre absolu, ennuie profondément.
Article écrit en collaboration avec le site entreelles.net


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