W.E. : encore raté pour Madonna !
Après une première tentative malhabile de réalisation avec « Obscénité et vertu » en 2008, Madonna a présenté, en septembre dernier, à la 68ème Mostra de Venise, un film dont elle se dit très fière. W.E. raconte en parallèle l’histoire du couple composé du roi Edouard VIII et de Wallis Simpson dans la première moitié du vingtième siècle et celle d’une riche bourgeoise s’éloignant de son mari psychiatre, à Manhattan, en 1998. Malgré tous ses efforts, le long métrage de la « madone », qui sort ce 17 février au Québec, ne convainc pas.
À lire également
- DVD – Marécages : « Une aventure extraordinaire »
- Marécages : entrevue avec Guy Édoin
- La vie d’Elton John bientôt sur grand écran

Wally Winthrop fait une obsession de la célèbre histoire d’amour qui a défrayé la chronique à la cour d’Angleterre et que certains décrivent comme l’une des plus grandes histoires d’amour du siècle dernier.
Victime de rejet de la part de son époux, Wally Winthrop compense sa solitude dans la salle d’exposition d’un encan réunissant les objets du quotidien du couple mythique. Elle y rencontre un agent de sécurité russe dont elle tombe amoureuse. Madonna ponctue cette intrigue actuelle avec les faits historiques entourant l’abdication du roi Edouard VIII, en 1936, et des remous que cet événement a causés à sa future femme (mondaine deux fois divorcée), Wallis Simpson.
Plusieurs éléments du film de la chanteuse irritent profondément. Le scénario d’abord, très mince et truffé de clichés mélodramatiques. Cette faiblesse est toutefois dissimulée derrière une réalisation exagérément stylisée, accompagnée d’une incessante bande sonore romantique. Le résultat rappelle un vidéoclip ou une publicité de produit de luxe.
Réception négative
La démarche postmoderne de la réalisatrice inclut une quantité de clins d’œil cinématographiques injustifiés, dont une référence dérangeante au célèbre In the mood for love de Wong Kar Wai, avec une séquence au ralenti accompagnée d’un morceau musical presque identique. Le travail d’Abel Korzeniowski semble vouloir emprunter à d’autres œuvres filmiques bien connues.
Certes, on aurait tort de ne pas souligner le travail admirable de la direction artistique qui donne à l’ensemble une somptuosité glamour. Malheureusement, cet élément renforce aussi l’impression impersonnelle d’une commande destinée à la maison Chanel.
L’artiste avait mis le paquet dans ce long métrage afin de plaire aux critiques avec un film aux allures indépendantes. Le pari est raté et la star doit maintenant composer avec la réception négative de son œuvre.


0 commentaire
Les commentaires sont fermés pour cet article.