Élections : les Albertains encore plus à droite ce soir ?
Plus de : Alberta, Danielle Smith, Politique
Les électeurs de la province la plus riche du Canada sont appelés à élire aujourd’hui un nouveau gouvernement qui, pour la première fois depuis 41 ans, pourrait être dirigé par une formation politique autre que le parti conservateur. Pas nécessairement une bonne nouvelle pour la communauté gaie et lesbienne, alors que la campagne a été marquée par des propos homophobes de certains candidats.
À lire également
- Alberta : les conservateurs gardent le pouvoir
- Alberta : l’homosexualité n’est (enfin) plus une maladie mentale
- Élections : les résultats qui intéressent la communauté GLBT

Les Albertains pourraient choisir de porter au pouvoir le parti Wildrose, une formation encore plus à droite que le parti conservateur. Deux de ses candidats qui ont tenu des propos homophobes pendant la campagne. Dans le comté de Calgary-Greenway, le pasteur Ron Leech a déclaré que l’homosexualité représentait une insulte à Dieu, ajoutant que le fait d’être blanc constituait pour lui un avantage sur les candidats ethniques : contrairement à eux, il peut « parler au nom de tous ».
Pendant ce temps, dans le comté de Edmonton-South Est, Allan Hunsperger – un autre pasteur – a affirmé que les homosexuels « vivraient pour l’éternité dans les flammes de l’enfer ». La chef du Wildrose, Danielle Smith (photo), qui a toutes les chances de devenir la prochaine première ministre de l’Alberta, s’est à peine distancée des propos des deux candidats, sans pour autant les désavouer. « Les candidats ont droit à leur opinion, mais ce n’est pas la politique officielle du parti », a-t-elle indiqué.
Quel taux de participation ?
Selon les derniers sondages, les deux candidats ayant tenu ces propos homophobes restent en tête dans leur comté et ont toutes les chances de devenir député ce soir. À l’échelle de la province, la firme Forum Research donne le parti Wildrose gagnant avec 38% des voix contre 36% pour le parti conservateur. La firme Angus Reid, elle, prédit une victoire encore plus forte du Wildrose (41%contre 32%). Le NPD ne recueillerait que 13% des voix et le parti libéral, qui a eu de la difficulté à se trouver des candidats dans les 87 comtés de la province, ne pourrait faire mieux que 10%.
Ainsi, selon toute vraisemblance, l’Alberta continuera d’être dirigé par une femme. Si les Albertains décidaient de faire mentir les sondages ce soir en refusant le pouvoir à Danielle Smith, ils pourraient maintenir en poste la première ministre sortante Alison Redford, chef du parti conservateur. Cette dernière a été désignée première ministre après avoir remplacé en octobre 2011, Ed Stelmach, à la tête du parti conservateur et du gouvernement.
À la dissolution de la chambre, le parti conservateur détenait 67 sièges, les parti libéral 8, le parti Wildrose 4, le NPD 2, le parti libéral 1. Un indépendant complétait la députation.
Reste enfin la question du taux de participation. Les électeurs ne s’étaient déplacés que dans une proportion d’à peine d’un peu plus de 40% pour aller voter lors du dernier scrutin, il y a quatre ans.
Crédit photo : dave.cournoyer.

0 comment
Les commentaires ne sont pas permis pour cet articles.