Granby – Un mois de cours spéciaux contre l’homophobie
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Même si le thème retenu cette année pour la journée mondiale de lutte contre l’homophobie est la diversité au travail, certains établissements scolaires veulent se placer à l’avant-poste pour sensibiliser les jeunes aux réalités GLBT. Professeure de Français à l’école secondaire du Verbe Divin de Granby, Kim Messier a lancé son propre projet multidisciplinaire. Du 16 avril au 17 mai, cinq classes de secondaire 3 recevront des cours sur les thèmes de l’homosexualité, l’homophobie et l’intimidation. Des interventions figurent également au programme.
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Être. Comment cette initiative est-elle née ?
Kim Messier. J’ai commencé mes démarches pour ce projet-là il y a quatre ans, mais c’est vraiment depuis deux ans qu’il est officiel, appuyé par la direction pédagogique et générale de l’école. En n’ayant plus de cours de formation personnelle et sociale, les jeunes n’ont plus accès aux informations sur la sexualité, l’attirance émotionnelle. Le fait que les gens ne comprennent pas que ce sont deux personnes qui s’aiment m’a toujours choquée. J’ai des enfants et je ne veux pas qu’ils vivent avec cette intimidation.
Être. Que proposez-vous durant ce mois ?
K.M. Je fais lire à mes élèves le livre de Jasmin Roy (Osti de fif !), que je trouve parfait parce qu’il parle autant d’intimidation que d’homosexualité. Je les aide à avoir des modèles positifs, à comprendre comment ça se passe dans les faits, dans l’actualité, dans les lois. Tous les documents que je donne à mes élèves servent pour leur examen de fin d’année. Je recevrais également dans ma classe des intervenants du GRIS-Montréal, Jasmin Roy et deux de mes deux anciens élèves [un gai et une lesbienne] pour raconter aux autres comment ils ont vécu leur cheminement et l’intimidation au secondaire.
Être. D’autres professeurs s’engagent-ils à vos côtés ?
K.M. Tous les enseignants ne sont pas à l’aise avec le sujet, aussi je leur demande de participer de manière volontaire. En sciences, l’enseignant va parler des conséquences psychologiques et physiques de l’intimidation. Les élèves étudient aussi l’histoire de l’homosexualité et de l’homophobie. Cette année, et c’est une nouveauté, en arts plastiques, les élèves ont réalisé des banderoles pour accepter les différences, avec les couleurs du drapeau gai. En arts dramatiques, l’enseignant a cité, dès qu’il le pouvait, des artistes et auteurs gais ou lesbiennes.
Être. Comment les élèves accueillent votre projet ?
K.M. (Rire) Au début c’était tabou, beaucoup me disaient que ça n’avait « pas d’allure, on ne veut pas en parler ». Là, c’est la première année où mes élèves m’ont demandé « quand fait-on le projet sur l’homosexualité ? On a hâte ! ». C’est la première année aussi où j’ai autant de plaisir à faire ça parce qu’ils posent de bonnes questions, ils sont curieux.
Être. Qu’y a-t-il de spécifiquement prévu pour le 17 mai ?
K.M. On met des affiches partout. L’organisme Divers Gens du Cégep de Granby viendra se présenter pour que les jeunes sachent qu’ils peuvent les aider. Ils vont distribuer de l’information et des bracelets aux couleurs du drapeau gai. Cette année, la Fondation Émergence a lancé l’idée d’envoyer des tulipes violettes et les élèves pourront en acheter pour signifier à un autre élève qu’il l’apprécie tel qu’il est.
Crédit photo : Alizée Vauquelin.

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