Manifestations étudiantes et policiers : les critiques s’accumulent
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Brutalité, violences et insultes injustifées : les témoignages dénonçant l’attitude des forces de l’ordre montréalaises affluent sur les réseaux sociaux, ces derniers jours. Même les journalistes s’y mettent. La manifestation prévue ce soir pour protester contre les mesures annoncées aujourd’hui par le gouvernement pourrait engendrer de nouveaux affrontements.
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Candidate de Québec solidaire à la députation lors des prochaines élections générales dans la circonscription Sainte-Marie–Saint-Jacques (qui comprend le Village gai), Manon Massé a fait part, hier dans un communiqué envoyé par son équipe à différentes rédactions, de sa colère suite à l’attitude d’un policier à son encontre.
« J’étais avec une dizaine de jeunes en train de discuter en fumant une cigarette au coin des rues St-Denis et Sherbrooke. […] Au bout de quelques minutes, ils [les policiers] nous ont ordonné de nous en aller. J’ai revendiqué notre droit d’être sur le trottoir », explique Manon Massé.
Le policier se serait approché de la femme politique, ouvertement lesbienne, « en l’appelant « monsieur » sans arrêt, et il lui a ordonné de quitter les lieux. Pendant un court échange, elle lui a répété quatre fois qu’elle était madame Massé », indique le communiqué. « Je l’ai interpellé pour connaître son identité puisqu’il n’avait pas d’identification, ce qui va à l’encontre de son propre code de déontologie. Il s’est alors avancé à 12 pouces de mon visage et il a frappé très fort sur son bouclier en me criant de me reculer », détaille Manon Massé.
« Installer un climat de peur »
Ce témoignage s’ajoute à ceux qui dénoncent, ces derniers jours, l’attitude des forces de l’ordre. Constantin, étudiant de 25 ans, impliqué également dans le milieu associatif GLBT, raconte combien il a « eu peur, comme jamais, lors de la manifestation » de mercredi soir. « Dès notre rassemblement place Émilie Gamelin, il y avait quelque chose de bizarre. L’anti-émeute se trouvait dans la foule, ce qui n’est jamais le cas. On aurait dit qu’elle cherchait quelque chose, alors que nous étions très calmes ».
Le jeune homme évoque « une utilisation de la force excessive pour décourager le mouvement et installer un climat de peur », avec des bombes lacrymogènes lâchées et des coups de matraque donnés « sans aucune raison ». « Ils avaient déclaré la manifestation illégale, mais ne nous laissaient pas partir. On nous traitait comme si on était hors de contrôle alors qu’il ne s’agissait pas du tout d’une émeute ».
De son côté, Amélie, autre étudiante, parle « du gaz [qui surgissait] de partout. Tout le monde suffoquait ». « Les gens hurlaient, on faisait des signes de peace mais les policiers nous avait déjà encerclés, ça jouait de la matraque et du poivre sur les trottoirs, personnellement j’étais complètement sonnée à cause de la flashbomb [qui avait explosé juste avant] ».
Les journalistes pris au piège
Suite aux annonces de Line Beauchamp et Jean Charest, ce matin, les étudiants, mécontents de l’attitude du gouvernement, organise une nouvelle manifestation, ce soir, à 20h30. Sur Facebook, différents commentaires montrent l’appréhension de nouveaux heurts.
Cette tension inquiète la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Cette dernière déplore la violence qui touche les reporters sur place. « Les policiers sur le terrain ne se gênent plus pour s’en prendre […] aux journalistes. Un photographe expérimenté comme Jacques Nadeau du Devoir, qui sait où se tenir et où ne pas se tenir lors d’une manifestation violente, a néanmoins reçu plusieurs coups de matraque vendredi dernier. […] Denis Martin Chabot de Radio-Canada vient d’être poussé par deux fois contre un mur. Un policier a délibérément aspergé de poivre un cameraman ».
La FPQJ a dénoncé également l’agression de journalistes de la part de manifestants, auteurs de tirs de balles de peinture contre des reporters. Elle condamne également le saccage des vitrines du Journal de Montréal.
Crédit photo : Guillaume Pelletier / Speleo Perdido.

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