Norvège : un rescapé gai de la tuerie d’Utøya témoigne
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Le procès de Anders Behring Breivik, terroriste d’extrême droite responsable de l’attentat d’Oslo et du massacre d’Utøya (en juillet 2011), s’est ouvert le 16 avril. Adrian Pracon a croisé le chemin du tueur sur l’île où s’est déroulée la tuerie. Anders Breivik l’a épargné. Le jeune homme de 21 ans s’est confié à l’écrivain et journaliste norvégien Erik Moller Solheim dans un livre, Mon cœur sur la pierre.
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L’attentat d’Oslo et la tuerie d’Utøya ont fait 77 victimes. Anders Breivik a voulu justifier son acte criminel par la volonté d’alerter contre l’immigration et l’islam. Il a choisi délibérément de s’en prendre aux travaillistes et à un parti qui devait, selon lui, « payer le prix […] de l’abandon de la Norvège et du peuple norvégien. »
La version québécoise du Huffington Post publie des extraits du témoignage d’Adrian Pracon et notamment le moment où celui-ci a croisé Anders Breivik. Tentant de fuir l’île d’Utøya par la mer, il n’avait de l’eau qu’aux genoux quand le tueur l’aperçoit et braque son fusil sur lui. Il a tout juste la force de crier « Ne tirez pas ! », espérant qu’il le vise au cœur pour que ce soit plus rapide, persuadé ses dernières secondes venues. Le tireur l’a épargné, mais Adrien Pracon nourrit depuis un fort sentiment de culpabilité, se demandant à quoi il a dû sa survie.
Trajectoires divergentes
Anders Breivik lui-même a donné une explication lors de son procès : « Certaines personnes semblaient plus gauchistes que d’autres. Lui semblait plus de droite, en tout cas, il en avait l’allure. C’est pour cette raison que je n’ai pas tiré sur lui. [...] Quand je l’ai regardé, je me suis vu en lui. »
L’auteur Erik Moller Solheim voit également des similitudes entre les deux hommes. « Comme Breivik, Adrian a eu une enfance compliquée», dit-il, ajoutant notamment que le jeune homme se sentait isolé et a connu des tensions avec sa famille en raison de son homosexualité. « Mais, souligne-t-il, la différence est qu’Adrian a choisi de travailler et de s’investir, ce qui a donné un nouveau sens à sa vie. Breivik, lui, s’est coupé du monde et de la réalité et a choisi de se venger au nom d’une cause fallacieuse ». Autre différence, aussi notable qu’ironique quand on connaît le discours xénophobe du terroriste : Adrian Pracon est le fils d’immigrants polonais.
Crédit photo : Abode of Chaos.

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