22 mai 2012, la désobéissance civile au service de la démocratie
Plus de : Gouvernement du Québec, Grève étudiante, Loi 78
Pour souligner le centième jour de la grève étudiante, une gigantesque manifestation a déambulé de façon illégale, mais pacifique, dans les rues de la métropole. On y dénonçait la hausse des frais de scolarité, mais aussi la loi 78 qui proscrit toute manifestation n’ayant pas été préalablement annoncée.
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Alors qu’un itinéraire avait été transmis à l’avance aux forces de l’ordre comme l’exige la nouvelle loi 78, la CLASSE a emprunté un chemin différent entrainant dans son sillage la foule massive et créant un mouvement monstre de désobéissance civile.
« Après un événement comme celui-ci, le gouvernement ne peut plus assimiler désobéissance civile et vandalisme, désobéissance civile et mouvement marginal. Ce sont des dizaines de milliers de personnes qui désobéissent à cette loi aujourd’hui. […] On fait aujourd’hui la preuve que cette loi est absurde et inapplicable, et c’est aussi la preuve que lorsque la rue parle assez fort, elle peut faire comprendre au pouvoir politique qu’il a erré» a déclaré Gabriel Nadeau Dubois aux médias.
Québec Solidaire qui appuyait la désobéissance civile pacifique il y a quelques jours s’est rétracté. Françoise David s’est exprimée devant les journalistes pour corriger les propos de son collègue. « Nous ne pouvons encourager la désobéissance à la loi 78 mais nous ne condamnerons pas les personnes ou organismes ayant recours à des gestes de désobéissance civile pacifique pour exercer librement leurs droits constitutionnels à la dissidence », a tenu à expliquer Françoise David.
Outre quelques cas isolés de vandalisme, la marche s’est déroulée dans une ambiance festive et familiale étonnamment calme pour son ampleur. Cette manifestation n’a pas empêché d’autres activités dites de perturbation publique. Vers 20 h les rues ont été envahies par le joyeux vacarme des casseroles — en référence au mouvement féminin de contestation chilien sous le régime Allende — et plus tard un rassemblement nocturne a eu lieu menant à de la violence policière et à l’arrestation de 100 personnes. Du côté de la police, 11 d’entre elles sont justifiés alors que les motifs expliquant l’intervention auprès des 89 autres sont restés flous. Les autorités ont évoqué le refus de la foule de collaborer.
Crédit photo: Socialist Canada, Socialist Québec’s

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