Barack Obama dit oui au mariage gai
Plus de : Barack Obama, États-Unis, Mariage gai
Après une sortie remarquée de son vice-président dimanche et un vote hostile en Caroline du Nord hier, les médias faisaient de plus en plus pression pour que Barack Obama dévoile son opinion concernant l’union pour les couples de même sexe. Celui-ci a finalement tranché : il annonce aujourd’hui soutenir le mariage gai, actuellement illégal dans une trentaine d’États.
À lire également
- États-Unis : les conservateurs attaquent encore les GLBT
- Barack Obama soucieux de la situation des GLBT à l’étranger
- Barack Obama souhaite l’abrogation de la loi sur la «Défense du mariage»

La nouvelle est historique. En se disant favorable au mariage pour les couples de même sexe, Barack Obama devient le premier président de l’histoire des États-Unis à prendre une telle position. Sa déclaration, lors d’une entrevue accordée à la chaîne de télévision ABC constitue un risque (calculé disent certains) : la population se montre divisée sur la question (bien que la tendance en faveur des droits GLBT soit de plus en plus nette), tandis que les républicains, y compris le candidat à l’élection présidentielle Mitt Romney, ont fait part de leur opposition totale à ce propos.
« Pour moi, à titre personnel, il est important de dire que je pense que les couples du même sexe doivent pouvoir se marier », a déclaré Barack Obama, sur ABC. Actuellement en campagne pour sa réélection, le candidat démocrate dit s’être basé sur l’exemple de proches homosexuels menant une vie rangée et heureuse ou sur les difficultés des soldats gais et lesbiennes pour se forger une opinion. En 2011, le président américain a mené la bataille menant à l’abrogation de la loi du Don’t Ask Don’t Tell, qui interdisait aux membres des forces armées de révéler leur homosexualité, sous peine d’être renvoyés.
En 2010, sa position « évoluait »
Barack Obama a cependant précisé que seuls les États étaient habilités à décider d’un vote légalisant le mariage gai. Sa déclaration, forte, reste donc avant tout symbolique. Aujourd’hui, le Massachusetts, le Connecticut, le New Hampshire, le Vermont, l’Iowa, la capitale fédérale Washington, l’état de New York et l’état de Washington sont allés dans ce sens. Inversement, le 8 mai, les citoyens de Caroline du Nord ont adopté un amendement interdisant toute forme d’union aux couples de même sexe, rejoignant ainsi une trentaine d’États.
La Cour suprême, plus haute juridiction du pays, pourrait également avoir un rôle déterminant. Dans les prochains mois (sans doute pas avant 2013), elle devrait rendre son verdict sur la Proposition 8, amendement interdisant le mariage gai adopté fin 2008 avant d’être déclaré inconstitutionnel. Si les jurés validaient l’amendement, la décision sonnerait comme une victoire des anti-gais américains. A contrario, si la Cour suprême confirmait l’inconstitutionnalité, aucun État ne pourrait plus interdire le mariage gai, ouvrant la voie à une amélioration des droits GLBT.
Avant la déclaration de Barack Obama, son vice-président Joe Biden s’était déjà montré favorable au mariage gai. « Je suis tout à fait à l’aise avec le fait que les hommes qui se marient avec des hommes, les femmes qui se marient avec des femmes et les hommes et les femmes hétérosexuels aient exactement les mêmes droits », a-t-il ainsi affirmé le 6 mai à la télévision américaine.
Barack Obama s’est longtemps montré ambigu sur la question. En 2008, il avait dit soutenir l’union civile, mais refusait d’en faire de même pour le mariage. Fin 2010, il avait affirmé que ses positions étaient « en train d’évoluer ». La sortie n’avait alors pas satisfait la communauté GLBT américaine.
Crédit photo : racoles.

1 comment
Yes we can! Ça me touche énormement de voir les pas en avant que les autres pays sont entrain de faire, et, entendre qu’en Afrique ou ailleurs, ces droits regressent. J’espère que cette évolution de Barack Obama va inspirer positivement les dirigeants homophobes que l’Afrique régorge et créer une germe réflexion à la diaspora africaine, de qui descend Barack Obama.