Xavier Dolan critique le détournement d’images du PLQ
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Dans une tribune publiée dans Le Devoir de ce jour, le cinéaste s’en prend à la publicité du Parti Libéral québécois, où l’on voit au ralenti, pendant une dizaine de secondes, Pauline Marois frapper deux couvercles de casseroles l’un contre l’autre lors d’une manifestation. Il s’inquiète que ce « piètre amateurisme » n’éveille pas suffisamment l’esprit critique chez les électeurs.
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Xavier Dolan ne cache pas sa sympathie pour les étudiants en grève, voire son admiration pour Gabriel Nadeau-Dubois. L’ensemble de l’équipe de son dernier long-métrage, Laurence Anyways, présentée dans la catégorie Un certain regard au festival de Cannes, arborait le carré rouge symbole de la lutte contre l’endettement étudiant, lors de la montée des marches.
Cette fois, il dénonce le « faux coup d’cochon » de cette publicité du parti libéral, se montrant tour à tour ironique, accusateur et inquiet. Il s’amuse tout d’abord, s’agissant du Parti Libéral, de « leur opportunisme surexcité d’un moment d’hésitation de madame Pauline Marois, qui semble simplement […] se questionner sur l’efficacité de sa méthode de « tapage ».
Il affirme ensuite qu’il « préfère de loin l’image d’une dame qui prend la rue avec bonne humeur à celle d’un homme sur fond blanc qui, de sophismes exaspérants en silences inutiles, prétend protéger l’ensemble des Québécois et des étudiants, et se félicite d’être responsable et courageux d’un ton semi-sévère ».
La force de l’image
Lorsqu’il s’agit d’image, le jeune réalisateur est dans son élément ; il s’interroge justement sur celle que Jean Charest renvoie à ses électeurs dans sa gestion de la crise ou du Plan Nord ou quand il écarte les demandes de commission d’enquête. « La matière est riche pour une riposte, mais ces images sont pour la plupart laissées à l’imagination des Québécois, ou à leur mémoire », écrit-il.
Mais Xavier Dolan s’inquiète toutefois du manque d’esprit critique face à la communication du gouvernement : « Le drame réel de ce brûlot n’est pas que l’équipe de Jean Charest manipule le peuple avec une constance éhontée ; mais plutôt qu’une partie encore trop importante de ce peuple puisse y souscrire avec une aveugle assiduité ». Et de conclure par une interrogation qui risque de faire grincer des dents chez les plus fidèles du Parti Libéral : « Réélire ce gouvernement, n’est-ce pas admettre notre imbécillité consentante ? »
Bien que Jean Charest ait défendu le droit de son parti d’utiliser les images de Pauline Marois, sans l’autorisation préalable de son auteur, ce dernier, Guy Séguin, en a ordonné le retrait sur les sites de partage de vidéos en ligne et a menacé d’intenter des poursuites contre le Parti Libéral.
Crédit photo : Étienne Ljóni Poisson.

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