Chili : la loi contre la discrimination entre en vigueur
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Le président Sebastian Piñera a promulgué, le 12 juillet, la loi sanctionnant d’une amende toute forme de discrimination à l’encontre (notamment) des homosexuels. Présentée il y a sept ans, il aura fallu attendre le meurtre d’un jeune gai, en mars dernier pour voir le monde politique chilien prendre en considération les violences homophobes, toujours nombreuses dans ce pays catholique d’Amérique du Sud.
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Appelée « loi Zamudio », ce texte permet de rendre hommage à la mémoire de Daniel Zamudio, jeune gai de 24 ans, mort après avoir été roué de coups, en mars dernier, par un groupe de jeunes, semble-t-il à cause de son homosexualité. Le drame a créé une onde de choc dans le pays. Poussé par les Nations Unies, le Parlement a voté, en avril, à une courte majorité, un texte faisant de l’homophobie un délit.
Désormais officiellement promulguée par le président chilien Sebastian Piñera, la loi rend explicite le concept de « discrimination arbitraire », basée tant sur l’orientation sexuelle, l’identité de genre, la religion, l’idéologie, que sur la race. Elle prévoit des amendes – entre 380 et 3750 dollars canadiens.
Plus 800 cas de discriminations en dix ans
«Grâce au sacrifice de Daniel, aujourd’hui nous avons une nouvelle loi qui nous aidera à construire un Chili plus libre, plus humain, plus tolérant et accueillant », s’est félicité le président de la République, qui s’exprimait devant les parents de Daniel Zamudio. Allant dans le même sens, Rolando Jiménez, président du Mouvement d’intégration et de libération homosexuel (Movilh), a parlé d’un « bon jour : le Chili est aujourd’hui est un meilleur pays où vivre ».
Son organisme estime que 17 personnes ont été assassinées du fait de leur orientation sexuelle ou de leur genre, entre 2002 et 2012. Movilh évoque également plus de 800 cas de discriminations (notamment des agressions) durant la même période.
Dans un pays où la sodomie n’a été dépénalisée qu’en 1999, la « loi Zamudio » constitue donc un changement important tandis que l’Église catholique, très longtemps toute puissante, a perdu une certaine partie de son influence, à cause de plusieurs scandales de pédophilie. Toutefois, des avancées pour les droits des GLBT (comme la légalisation du mariage homosexuel) restent à ce jour rejetées par le pouvoir en place.
Crédit photo : chilefotojp.

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