Floride : la lieutenante-gouverneure au cœur d’un « scandale lesbien »
Plus de : Floride, Jennifer Carroll, Politique
Jennifer Carroll est accusée de licenciement abusif par une de ses anciennes employées. Cette dernière aurait découvert la femme politique républicaine en fâcheuse posture, dans son bureau, avec l’une des ses collègues. Pour sa défense, la lieutenante-gouverneure, connue pour son homophobie, a affirmé que « les femmes noires qui [lui] ressemblent » ne sont pas lesbiennes, déclenchant la colère des militants GLBT.
À lire également
- Élections : les résultats qui intéressent la communauté GLBT
- Élections : légère augmentation des candidats gais et lesbiennes
- Élections générales du 4 septembre : Les militants attendent des réponses

L’affaire remonte à plusieurs mois. En octobre 2011, « l’accusatrice », Carletha Cole, avait été arrêtée pour avoir donné à la presse une copie de conversations enregistrées, où, selon certains médias, on l’entendrait discuter du supposé scandale sexuel avec le chef de cabinet de la lieutenante-gouverneure. Aujourd’hui poursuivie par la police, la femme de 49 ans risque cinq ans de prison pour trahison.
Ces derniers jours, l’affrontement entre les deux femmes a pris une nouvelle tournure quand Carletha Cole a affirmé avoir été licenciée pour avoir été témoin d’une scène sexuelle entre celle qui était alors sa patronne et une autre employée. Pour l’heure, Jennifer Carroll nie toutes ces allégations. Tout en se présentant comme la victime d’une vengeance, elle s’est aussi mis à dos (une nouvelle fois) la communauté GLBT. Le 15 juillet, interrogée sur les affirmations de Carletha Cole alors qu’elle prenait part à l’inauguration du bureau de campagne du candidat républicain à la présidentielle Mitt Romney en Floride, l’ancienne membre de la Navy n’a pas trouvé mieux que de s’en prendre aux lesbiennes : « Je suis celle qui est mariée depuis 29 ans. L’accusatrice est celle qui est célibataire depuis longtemps. [...] D’habitude, les femmes noires qui me ressemblent ne s’engagent pas dans ce genre de relation ».
Carletha Dole, pasteure afro-américaine pour l’Église épiscopale, n’a pour l’heure pas répliqué. En revanche, la page Facebook de Jennifer Carroll a été inondée de messages de protestation. « Je ne pense pas que votre sexualité soit le problème. Je pense plutôt que le problème est que vous êtes une horrible personne », peut-on notamment lire.
L’association Equally Florida a fait part de sa colère. « Nous vivons avec une culture qui continue d’ignorer les vies, les besoins et la santé des lesbiennes noires en nous rendant invisible. Carroll renforce cette invisibilité en perpétuant la conception erronée selon laquelle toutes les lesbiennes se ressemblent et agissent de la même manière, effaçant pratiquement la diversité chez les lesbiennes noires », a expliqué Nadine Smith, directrice de l’organisme GLBT américain.
Jennifer Carroll s’était déjà fait remarquer en septembre 2011 par les militants gais et lesbiens. Prononçant un discours devant la Coalition de la foi et de la liberté, elle avait critiqué l’époque actuelle, « ces temps très tristes où l’on permet à la minorité d’empoisonner l’esprit de la majorité ».
Crédit photo : Gage Skidmore.

0 comment
Les commentaires ne sont pas permis pour cet articles.