L’homosexualité de l’astronaute Sally Ride soulève des questions
Plus de : Astronaute, États-Unis, Sally Ride
Décédée la semaine dernière des suites d’un cancer à l’âge de 61 ans, l’astronaute Sally Ride continue de faire parler d’elle depuis l’au-delà, après que l’on a révélé dans son avis de décès que la pionnière de l’espace avait vécu avec une femme pendant plus de 27 ans.
À lire également
- Tammy Baldwin: Militante lesbienne élue à la chambre haute du Sénat américain
- Le mariage gai gagne en popularité auprès des électeurs américains
- Chambre américaine : Maison Kasini présente l’expo «America the Beautiful»

La communauté GLBT s’était réjouie de cette sortie du placard posthume, tout en déplorant que la femme ait caché son orientation sexuelle pendant si longtemps. Mais cette situation soulève maintenant un débat à teneur politique, basé sur un calcul mathématique simple.
Quelques années avant son premier voyage dans l’espace en 1983, Ride a épousé un collègue astronaute. Sa relation avec sa compagne Tam O’Shaughnessy a débuté en 1985, alors qu’elle était encore mariée. Sally Ride était discrète : dans le cas de son premier mariage, elle et son conjoint n’avaient annoncé la nouvelle à des amis qu’un mois après l’événement. Mais, dans ce cas-ci, le silence de l’astronaute sur son orientation sexuelle laisse place à de nombreuses spéculations.
« Héroïne absente »
Une chroniqueuse du magazine The New Yorker, Amy Davidson, a osé poser la question : « Était-il nécessaire d’être mariée (à un homme) pour être la première femme dans l’espace? ». Plusieurs tentent d’expliquer la discrétion de la femme en rappelant qu’à l’époque, la NASA n’aurait jamais gardé une personne ouvertement homosexuelle dans son programme spatial. Dans ces temps de Guerre froide, y aurait-il donc eu des raisons politiques pour que l’astronaute convole en justes noces ?
Il ne fait aucun doute que cette grande scientifique a été un exemple pour toute une génération de femmes, mais sur le plan professionnel seulement. Aujourd’hui, le silence de celle qui a passé sa vie à encourager les jeunes filles à embrasser les mathématiques et les sciences semble en décevoir certains. Le chroniqueur de The Daily Beast, Andrew Sullivan déplore que cette femme d’influence, qu’il qualifie « d’héroïne absente », n’ait pas saisi l’opportunité d’élargir l’horizon des Américains en supportant aussi les communautés gaie et lesbienne.
Article paru le 30 juillet sur le site du magazine Entre Elles.
Crédit photo : D Services.

0 comment
Les commentaires ne sont pas permis pour cet articles.