Sex Garage : il y a 22 ans, le « Stonewall de Montréal »
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Dans la nuit du 15 au 16 juillet 1990, une quarantaine de policiers interviennent lors d’une soirée mixte privée au Sex Garage, dans le Vieux-Montréal. Les quelque 400 personnes présentes, gaies, lesbiennes, trans et drags sont dispersées dans la violence, une dizaine seront arrêtées. La communauté de Montréal se confronte pendant plusieurs jours avec la police, sous les yeux médusés des téléspectateurs qui prennent conscience, lors du bulletin de nouvelles, des violences dont les GLBT sont encore victimes.
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Avec le recul, certains observateurs décriront ces quelques jours de l’été 1990 comme le Stonewall québécois. Excédés par le bruit, des riverains demandent à des policiers du poste 25 de la Communauté urbaine de Montréal (CMU) d’intervenir lors du Sex Garage Party, un événement annoncé comme privé. Près de 400 personnes sont alors brutalisées verbalement et physiquement, une dizaine arrêtées et autant hospitalisées. Les clichés d’une photographe présente sur place et également malmenée, Linda Dawn Hammond, font les colonnes des quotidiens La Presse et The Gazette.
Très vite, la communauté se mobilise, percevant dans ces violences policières qu’elle dénonce une atteinte à leur droit à la différence. Le groupe des Lesbiennes et gais contre la violence (LGV) se forme. Il exige de pouvoir siéger au comité de surveillance des relations avec les minorités visibles de la CMU, le retrait des poursuites intentées contre les personnes arrêtées et une enquête sur les conduites policières. Le député ouvertement gai de la circonscription Sainte-Marie-Saint-Jacques, André Boulerice, entend alors s’engager sur ce dossier, ainsi que le futur député indépendant de Laurier-Sainte-Marie, un certain… Gilles Duceppe.
Des violences contre les GLBT au bulletin de six heures
Plusieurs mobilisations sont organisées dans les jours qui suivent, notamment dans le Village. Mais c’est la manifestation non-violente d’occupation devant le poste 25, à l’angle des rues Saint-Matthieu et de Maisonneuve, qui marque les esprits. Devant les caméras de télévision, les policiers procèdent de façon musclée à la dispersion des manifestants (une cinquantaine sera arrêtée) n’hésitant pas à user de la matraque. Des scènes dont seront témoins les Québécois dans leur bulletin de nouvelles.
Ces incidents mettent en lumière les abus dont les GLBT font alors l’objet, malgré l’inclusion de l’orientation sexuelle comme motif interdit de discrimination dans la Charte des droits et libertés, en 1977.
À la suite de ces incidents, la Table de concertation des gais et lesbiennes du Grand Montréal succède à la LGV.Elle obtient de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse la publication, en 1994, du rapport De l’illégalité à l’égalité. Trois thèmes y sont abordés : les relations avec les services de police, mais également l’accès aux services sociaux et de santé ou la mise en conformité des lois québécoises ave la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. La descente de police du Sex Garage est également à l’origine, l’année suivante, d’une autre soirée gaie, légale cette fois-ci, le Black & Blue, ainsi que du festival Divers/Cité, en 1993.

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