Tom Wesselmann : le Pop Art autrement
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L’exposition sur l’artiste américain peu connu du grand public au Musée des beaux-arts de Montréal (jusqu’au 7 octobre) permet de sortir des sentiers battus. Plus éclectique que des Warhol et Lichtenstein, Tom Wesselmann conquiert ses visiteurs par son mélange salvateur d’abstrait et de figuratif comme par la sensualité et l’érotisme de ses portraits.
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Le Pop Art peut provoquer certains énervements, à son corps défendant. À cause de cette manie de réduire le courant à Andy Warhol et Roy Lichtenstein. Sans parler de ces « connaisseurs » champions olympiques du m’as-tu-vu, qui se précipitent à tous les événements et expositions pour y faire des commentaires vides de sens.
Le Musée des beaux-arts de Montréal a donc le grand mérite de montrer le Pop Art sous un autre jour, moins superficiel pourrait-on dire. Injustement méconnu par beaucoup, Tom Wesselmann, décédé en 2004, ici en quelque sorte réhabilité par l’équipe du MBAM. Belle ironie, l’artiste originaire de Cincinatti (Ohio) n’a jamais goûté à l’étiquette Pop Art, entre autres parce qu’il ne se considérait pas comme critique de la société de consommation.
Maudites ombres
C’est pour s’affranchir d’une autre ombre, celle du maître de l’abstrait néerlandais Willem de Kooning, qu’il a opté pour une direction artistique opposée : le figuratif. À ce titre, les tableaux de nus, datés des années 60, constituent la première merveille de l’exposition. Inspirés du travail du Français Henri Matisse et agrémentés de collages de papiers de récupération (on ne quitte pas l’abstrait aussi facilement), le corps des femmes sont souvent accompagnées de la figure présidentielle d’un JFK ou d’un Abraham Lincoln.
Les œuvres représentatives du Pop Art ne sont pas absentes de l’univers de Tom Wesselmann et donc de l’exposition. On reste scotché un long moment devant le grand Still Life n.35 (1963), où les stars sont un pack de bouteilles de cola, un paquet de cigarettes et une petite fille sur un sachet de pain. L’artiste n’a pas échappé à son époque.
Délicieuses esquisses
Mais sa marque de fabrique se trouve ailleurs. Dans la série des Smokers où brille la sensualité de bouches qu’ornent une cigarette et la fumée en émanant. Dans les Bedroom Paintings, portraits de femmes en extase, qui ont valu à l’artiste quelques problèmes avec les féministes de l’époque.
Le côté touche-à-tout de Tom Wesselmann étonne souvent au cours de cette exposition. Les Steel Drawings, évolution marquante de l’artiste dans les années 80, en sont l’illustration parfaite. L’acier (découpé au laser) remplace désormais les huiles pour tracer les contours du corps féminin.
Pour parfaire la (re)découverte de l’œuvre d’un grand artiste, le MBAM a la bonne idée de proposer de nombreuses esquisses et photographies qui ont servi de base à ses peintures. Un travail délicieux. Tout comme l’immersion dans la musique country, style prisé par Tom Wesselmann. Auteur de chansons, l’une d’elles se retrouve même dans la bande originale du film Souvenirs de Brokeback Mountain. Innovateur et finalement homosympa.
Crédit photo (Bedroom Painting No 38) : Succession Tom Wesselmann/SODRAC, Montréal/VAGA, New York (2012) – Lee Stalsworth



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