Pater artistiquer: Loui Mauffette
Plus de : Centre national des arts, Festival international de littérature, Poésie
Pour sa septième édition, le spectacle Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent, revient avec une mouture rafraîchie. Présentée en septembre à Montréal dans le cadre du Festival international de littérature, puis en octobre à Ottawa, l’initiative de Loui Mauffette se voulait à l’origine comme un hommage discret à son père, le regretté poète Guy Mauffette.
À lire également
- Un « festival de l’émotion » à Trois-Rivières
- Fierté Montréal : « Emmental expiré », la poésie expérimentale
- Festival international de Trois-Rivières: tout pour la poésie

Être. Quelle a été la genèse de ce projet lancé en 2006?
Loui Mauffette. Quand mon père, le poète Guy Mauffette, est décédé en 2005, j’ai eu une sorte d’éveil spirituel. Je suis loin d’être une personne ésotérique, mais à l’église, quand j’ai fait la lecture d’un de ses textes, il est apparu clair que je devais faire un spectacle pour lui rendre hommage. Pas tellement pour rendre hommage à ses écrits, même s’il y en a dans le spectacle, mais plutôt pour faire un retour sur mon enfance.
Être. À quel genre d’expérience peut s’attendre le spectateur ?
L.M. C’est un spectacle impressionniste, un peu inclassable. Ce n’est pas du théâtre, certainement pas un récital poétique, c’est une performance qui fait beaucoup appel aux sens. J’aime bien dire que c’est une espèce de « stonerie » qui porte le spectateur dans un état de contemplation qui pourrait faire penser à une fumerie d’opium. Je suis un adolescent des années 70, mon spectacle est fortement teinté de l’esprit de cette période. C’est d’ailleurs Jim Morrison qui sert de fil conducteur au spectacle.
Être. Avez-vous l’impression de vous adresser au public qui a connu cette période ?
L.M. Pas du tout. C’est vraiment ouvert à tous sans être ni élitiste, ni populiste. J’ai remarqué que chacun y trouve son compte. Les plus vieux comme les plus jeunes, les hétérosexuels comme les gais. Une bonne place faite à l’homosexualité ou plutôt à l’ouverture sexuelle.
Être. Sous quelle forme ?
L.M. Il y a par exemple une scène où les 20 acteurs sont réunis sur la table et tout le monde s’embrasse, les hommes avec les hommes, les femmes avec les femmes, les hommes avec les femmes… Comme un véritable « trip » d’acide poétique! Mais c’est le sentiment de pure liberté qui plaît aux jeunes homosexuels et, de façon plus générale, à tous.
Être. Vous avez aussi intégré le chant et la danse à votre spectacle avec des collaborations spéciales de Betty Bonifassi, Yann Perreau ou Dave St-Pierre.
L.M. Oui, chaque année, des artistes s’ajoutent. Certains quittent, d’autres arrivent ou reviennent. Cette année, j’ai le grand honneur d’offrir un extrait de Lapornographie des âmes de Dave St-Pierre, interprété par Éric Robidoux et Clara Furey. La présence de musique était indispensable dans ma démarche hommage à mon père. Il a animé de 1960 à 1974 une émission culte, sorte de road trip musical, sur les ondes de Radio-Canada, intitulée Le cabaret des soirs qui penchent. Le titre est resté, comme la musique.
Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent
Du 22 au 24 septembre
À la Cinquième salle (Montréal)
Du 3 au 6 octobre
Au Centre national des arts (Ottawa)
Mise en scène : Loui Mauffette

0 comment
Les commentaires ne sont pas permis pour cet articles.